Rencontre avec une bénévole au grand cœur

Sous le grand auvent du siège de l’Association Chams, Amal, 32 ans, prépare des kits d’hygiène.
Son sourire ne cache pas la fatigue, mais dans sa voix, on sent la passion et la fierté.
Elle fait partie de cette nouvelle génération de bénévoles marocains qui s’engagent pour rendre la solidarité vivante, concrète et quotidienne.

“Je suis entrée à Chams par hasard, mais je n’en suis jamais repartie. Ici, j’ai compris que donner ne signifie pas perdre, mais partager.”

Chaque semaine, elle participe à la préparation des campagnes de dons : alimentation, vêtements, médicaments et kits scolaires. Pendant le Ramadan, elle est de toutes les distributions — souvent du matin jusqu’à la nuit.

Le rôle invisible mais essentiel des bénévoles

Amal explique que l’action solidaire va bien au-delà de la simple aide matérielle :

“On ne distribue pas seulement du riz ou du lait. On offre de la dignité, de l’écoute, du respect.”

Avec une vingtaine d’autres bénévoles, elle visite régulièrement les familles accompagnées par l’association.
Certaines vivent loin, dans des quartiers où l’accès aux soins et à l’éducation reste limité.
Amal nous confie qu’il lui est arrivé de marcher plusieurs kilomètres avec son équipe pour livrer un panier à une mère isolée et malade.

“Cette femme m’a regardée avec des larmes dans les yeux et m’a dit : Tu es venue jusqu’ici pour moi. Ce jour-là, j’ai compris ce que veut dire servir l’humain.”

Une logistique millimétrée, un engagement sans relâche

Chaque campagne de Chams mobilise des moyens humains et matériels considérables :

  • Planification logistique : identification des bénéficiaires, préparation des colis, transport.
  • Coordination terrain : équipes mixtes (hommes/femmes), encadrées par un coordinateur.
  • Suivi post-distribution : vérification que l’aide a bien atteint les familles concernées.

Amal nous montre son carnet, rempli de notes et de prénoms.
“Ce n’est pas une liste, c’est une promesse”, dit-elle.
Une promesse de ne pas oublier ceux qui vivent dans le silence, loin des regards.

L’impact social de ces gestes

L’Association Chams estime que depuis 2020, ses campagnes solidaires ont touché plus de 2 000 familles à travers Rabat et ses environs.
Mais Amal insiste :

“Les chiffres, c’est bien. Mais l’impact réel, c’est quand un enfant retrouve le sourire, quand une mère reprend confiance, quand une famille se sent de nouveau digne.”

Cette vision humaniste, Chams la cultive à travers chaque initiative — qu’il s’agisse de la campagne “Un panier, un espoir”, de la distribution de fournitures scolaires ou du soutien médical des enfants malades.

Ce que l’engagement lui a appris

À la fin de l’entretien, Amal regarde les bénévoles qui chargent les derniers cartons.
“Au début, je voulais aider les autres. Aujourd’hui, je réalise que ce sont eux qui m’ont changée.”
Elle parle de solidarité comme d’un chemin intérieur : un apprentissage de la patience, de l’écoute et du don de soi.

“Quand tu entres dans une maison pauvre et que tu entends un enfant rire, tu comprends que l’espoir est plus fort que tout.”

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